A compter dans les trains, ne réveillez pas le lion qui dort.
Nous nous sommes donc mis au comptage sur la ligne Strasbourg-Bâle. Pour compléter les relevés faits dans les gares, nous recensons la présence des vélos, des crochets à vélos mis à disposition par la SNCF et le nombre de voyageurs en 1ère classe.
Puisqu’on nous assure que tout va pour le mieux, nous voulons en avoir le coeur net. Et les surprises sont nombreuses au rendez-vous de notre curiosité.
Nos démarches sont discrètes, cherchant à n’importuner personne. Nous parcourons les trains, passons de voiture en voiture, bringueballés à l’occasion par le roulis du train à quelque passage du trajet. Et de comprendre la difficulté des contrôleurs qui se déplacent d’un bout à l’autre de la rame quand les voyageurs trop nombreux souvent et indisciplinés parfois, entassés dans les entrées des voitures ou debout dans les couloirs, se serrent avec peine.
Surprises, de découvrir l’état du matériel roulant, des voitures dans lesquelles nous voyageons. Quand les portes coulissantes livrant passage vers les couloirs refusent de s’ouvrir ou de se refermer, quitte à nous inquiéter pour notre sécurité. Quand la ventilation peine et que les vitres embuées laissent l’impression de vivre en aquarium. Quand les vibrations de certaines pièces ou l’état des sièges rappellent avec entêtement le transfert des budgets vers d’autres choix.
Quand un vélo de trop encombre le passage alors que trois autres occupent déjà les places verticales prévues pour deux. Quand à vouloir embarquer les vélos, l’absence de leur sigle à l’extérieur des voitures incite les gens à monter n’importe où au final, las de rechercher les emplacements et craignant de retarder les départs.
Surprises aussi, de découvrir l’incompréhension ou l’inquiétude quand nous nous déplaçons et, par moment, de rencontrer quelque agent rugissant comme si parfois les vérités cherchaient à rester voilées.
Nous notons les trains dans lesquels nous voyageons, et observons les contrôleurs qui nous accompagnent. Nous présentons nos titres de voyages même lorsqu’ils nous sont demandés avec un manque de tact, et vaquons à nos occupations de clients comme bon nous semble.













